À tout juste 29 ans, Taoufik Izmar est déjà le PDG de la SASU – société anonyme par actions simplifiées uni-personnelle –Bourgogne Transport Service, basée à Chenôve dans le département de la Côte-d’Or.

Télephonne :03 80 60 60 60

mail: contact@bourgognetransportservice.com

web: www.bourgognetransportservice.com

Capture d’écran 2014-08-10 à 23.56.06

Titulaire d’un bac scientifique, Taoufik Izmar, Dijonnais d’adoption, tente d’abord une première année de médecine, avant de s’engager dans un BTS en transport logistique et une maîtrise en gestion des opérations logistiques. Il commence alors a travailler en alternance au sein de l’entreprise LR Services, prestataire exclusif de Mac Donald’s France, comme apprenti logisticien. Au bout d’un an, entre Dijon, où il vit, et Aix-en-Provence, où il étudie, Taoufik Izmar revient sur Dijon et est embauché par Transdev. « Je me dis alors que même avec un bac + 4, je ne serai pas à même d’assumer un poste de responsable d’exploitation. Et que, si je souhaite le faire un jour, il me faut d’abord savoir manager sur le terrain », explique Taoufik.

Le jeune homme devient alors chargé de planification, gérant l’emploi du temps de 90 chauffeurs à planifier sur trois centres basés à Dijon, Beaune et Auxonne. Ce qui le passionne, c’est le transport de voyageur, mais pas seulement. « J’apportais, dit-il, un plus à des gens qui se déplaçaient. À mes yeux, je rendais service. »Une idée qui n’est encore qu’un plaisir à ce moment-là : « Mon cœur de métier, cela a toujours été de faire des plannings pour des chauffeurs et de trouver des solutions, d’adapter les emplois du temps aux hommes, de m’adapter aux maladies des uns, aux accidents etc. »

Une fois, un chauffeur arrive et n’a pas envie de travailler. Taoufik a alors deux possibilités. Soit il décide de le sanctionner en se contentant de respecter la procédure administrative à la lettre, soit il écoute le chauffeur et tente de comprendre ce qui lui arrive. Après une demi-heure de réflexion, le chauffeur confie qu’il vient de perdre quatre proches dans le tsunami survenu en Asie. Taoufik fait alors l’intermédiaire entre la direction et le chauffeur, et trouve une solution prenant en compte la situation personnelle du chauffeur. « C’est à ce moment là que j’ai pris conscience de l’importance du management dans une société. », raconte le jeune entrepreneur.

En 2007, Taoufik Izmar songe sérieusement à monter sa société. Il ne pense pas à vendre quoi que ce soit, mais plutôt à créer une entreprise de services. Apporter aux autres une forme de petit bonheur en adoucissant leur quotidien, tel est son leit motiv« Mon entreprise, c’est un projet de vie, au-delà d’un projet professionnel, dans lequel j’allie mes valeurs humaines à une activité qui me permet de gagner ma vie. ». Il faut dire que Taoufik, né avec une malformation cartilagineuse, est particulièrement sensible au handicap. De l’âge de 4 ans à ses 6 ans, il est obligé de vivre et de se déplacer dans un fauteuil roulant. « Cela m’a appris à relativiser les choses », confie-t-il. Ses journées, il les passent à l’hôpital, à plus de 150 kilomètres du domicile familial. Privé de ses parents, il se bat contre les médecins qui affirment et répètent qu’il ne pourra jamais marcher. Jusqu’au jour où on lui propose une opération. « Mon père a donné le feu vert au médecin. Un vrai pari. Ça passait… ou Ça cassait ! Et cela a marché. J’ai eu cette chance incroyable. »

Lorsqu’il se retrouve au chômage pendant quatre mois, il met à profit cette période pour suivre une formation à la création d’entreprise : « Je savais que j’allai créer une entreprise, mais je ne savais pas encore de quelle manière » Il fait alors une étude de marché, un business plan, cible sa clientèle, ses concurrents et peaufine son projet.

À l’issue de cette formation,  il expose son projet devant un comité composé d’experts comptables, de banquiers, de conseillers en communication et d’entrepreneurs. « Tout le monde m’a applaudit, sauf un taxi qui m’a menacé de m’attaquer en justice pour concurrence déloyale »

Taoufik travaille alors son réseau, le relationnel et la partie juridique, avec encore plus de détermination. Il lui manque des financements. Il développe son carnet d’adresses, se rapproche d’organismes d’aide à la création d’entreprises, comme BGE et surtout l’association Anje – Association nationale des jeunes entrepreneurs – qui aide de nombreux jeunes créateurs dans les quartiers, et qui est en relation avec la CGPME et le Médef. Avec un père ancien boucher-charcutier aujourd’hui rôtisseur sur les marchés, il connait les réalités du quotidien d’une entreprise. Mais c’est grâce à un chef d’entreprise qu’il rencontre, Aziz Senni, fondateur des Business Angels des cités, qu’il prend la mesure de ce qu’est le fait de créer son entreprise et se documente. La chance lui sourit quand il décroche l’un des neuf prix décernés par le Sénat, à l’échelle nationale, du concours de talents des cités.

Aujourd’hui, il dispose d’un véhicule de neuf places, destiné au transport de personnes âgées, d’handicapés, mais aussi de groupes ou associations comme des clubs sportifs. Il possède également un véhicule hybride, alloué au transport écologique pour les hôtels et les entreprises.  « J’aurais pu démarrer avec une dizaine de véhicules, mais j’ai préféré prendre mon temps, cibler la clientèle et évoluer en fonction de la conjoncture, éventuellement en recrutant et en achetant d’autres véhicules. », explique Taoufik.